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Collections de Sciences naturelles

Index de l'article

 

Le fonds d'objets des Sciences naturelles est réduit, contrairement à celui des Sciences physiques.
Néanmoins, quelques curiosités remarquables sont présentées ou vont l'être.

Taper sur  Suivant>>  ou sélectionner un chapitre de la table des matières située à droite. 


  Le Hanneton du Dr Auzoux

Mise à jour de l'article : avril 2020 
Dans la collection des objets de Sciences naturelles se trouve un modèle d'anatomie qui ne passe pas inaperçu.

  hanneton02mini auzouxp15mini Il est énorme cet adulte.
Plus de 12 fois sa taille réelle.

Il aurait pu provenir d'un film de 
science-fiction.

 Il mesure un peu moins de 50 cm de long de l'extrémité des pattes antérieures à la pointe de l'abdomen. Son âge est estimé à plus d'une centaine d'années.

 hannetonedc13mini

C’est le modèle d'un hanneton commun (Melolontha melolontha), ordre des coléoptères.
Termes anglais : Common cockchafer, May bug, May beetle.

 

 

Louis Auzoux (1797-1880), docteur en médecine, fut un grand créateur de modèles anatomiques dits clastiques.
Les étudiants, les professeurs pouvaient les ouvrir, les démonter avec leurs doigts ou à l’aide de pincettes.
Ils repèraient alors les organes internes, leur disposition et leurs rapports entre eux. Ils notaient les nombreux constituants élémentaires.

Les modèles étaient fabriqués à partir d’un mélange de pâte de papier, plâtre, poudre de liège, colle de farine.
Les différents éléments étaient moulés dans l’usine de Saint-Aubin-d’Ecrosville (27110). Les Ets Auzoux fournissaient une multiplicité de modèles anatomiques :
écorchés, organes divers, représentations de fleurs.
Il y a peu, il était possible d’admirer ses vitrines à Paris au n°9, rue de l’Ecole de médecine. L’entreprise ferma au début des années 2000.

Depuis quelques décennies, le hanneton du lycée Emile-Zola ne se manipule plus : le risque est trop grand d’endommager cette pièce remarquable.

  hanneton02bismini  auzouxp25mini  hanneton07termini

 

 hanneton05mini  

De même que certains appareils de Sciences physiques très fragiles ont été mis en service pour une démonstration en vidéo, il était souhaitable de photographier les organes internes … à la condition de disposer d’une personne suffisamment experte pour le démontage.

Il se trouve que l’Amélycor héberge bien des talents.
Un de nos membres connaît ce modèle. Michel Gaillard a été aide-technique de laboratoire au lycée de garçons de Rennes, puis au lycée Chateaubriand.

hanneton50mini 
 

L’ « insecte » est placé sur le dos.
Les connaisseurs présents au spectacle                                    
s’étonnent !
La dissection d’un invertébré ne débute-elle pas
par la face dorsale ?

 hanneton07quatermini  

 Mais il faut défaire aussi une fixation située sur le ventre. La coupe est sigittale.

 

Lentement, précautionneusement,
Michel Gaillard sépare les deux parties :
les organes internes apparaissent alors.

Les muscles, trachées, nerfs, viscères
sont bien visibles.

hanneton12mini  auzouxp35mini 

 

 hanneton34mini  

Surprise : le modèle n’est pas coupé en deux parties égales.
La moitié gauche est plus creuse avec l’appareil reproducteur et certains muscles dont ceux de l’aile.
Une structure métallique maintient les différentes pièces à la bonne place pour les détacher et les remettre.

hanneton25mini 
  auzouxp45mini

 Les structures sont identifiées ou indiquées par un numéro. Le modèle du Dr Auzoux présente plus de 600 détails anatomiques.

 hanneton39mini  auzouxp55mini  hanneton43mini

 Tous les muscles sont démontables. Les ailes sous les faux élytres sont très finement reproduites, mais trop fragiles pour être déployées.
 Nous n'irons pas plus loin dans l'opération.

 Pour plus d’images sur l’opération de démontage du modèle, lancez le diaporama ci-dessous.
Vous y trouverez la photo "à la une" du bulletin L'écho des colonnes n°49.

                                                                                                   auzouxdiapopage1          Lancer le diaporama en cliquant sur l'image ci-dessus . Si le diaporama ne se lance pas, voir la rubrique "Aide", puis FAQ en pied de page.   

 hanneton48mini  auzouxp65mini  hanneton49mini

  Exceptionnellement le hanneton du lycée Emile-Zola a exhibé ses ailes déployées pour une étude détaillée des collections pédagogiques des lycées bretons portée par la Région Bretagne, via son service de l'Inventaire du patrimoine. Photo © Région Bretagne, Délia Gaulin-Crespel.
Pour accéder au portail patrimoine.bretagne.bzh >>> cliquez ici 

hanneton051mini
 

Deux autres lieux où trouver un hanneton du Dr Auzoux :  

- Musée Fragonard de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort (94700). Se reporter à la thèse de doctorat vétérinaire de Guillaume Ruiz (2009). Leur modèle est daté de 1895.
- Whimple museum of the history of science, University of Cambridge; «May beetle that Dr Auzoux modelled out off papier-mâché», modèle daté de 1878.

Autre source d'informations :  
L'Empire des sciences ... naturelles, Cabinets d'histoire naturelle des lycées impériaux de Périgeux et d'Angoulème, livre publié sous la direction de Francis Gires. Pour commander ce livre broché, Voir Publications sur le site de l' ASEISTE >>>
- XXX.



Les deux aigles de Zola

Modification de l'article : janvier 2019.

L’aigle de la collection des objets de Sciences naturelles

La Cité scolaire Emile-Zola conserve précieusement un aigle naturalisé.
aigle58mini

Il était une fois par un lundi matin des années 1956-1957, un élève d’une classe préparatoire aux grandes écoles, supposé être un véto [peut-être un agro ? ] qui apporta un grand rapace au lycée de garçons de Rennes. D’où venait cet oiseau ?
Il aurait était abattu dans l’Orne. A cette époque, la protection des rapaces n’existait pas.

Le responsable du laboratoire de Sciences naturelles de l’époque, Pierre Garbarini, décida en urgence de le faire naturaliser pour enrichir la collection.  Une maison fort connue, mais aujourd’hui disparue, se chargea de ce travail délicat : la maison Choplin à Angers. L’étiquette fixée au socle indique ‘’naturaliste apprêteur’’ et non taxidermiste.
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Le but était de bien conserver l’anatomie apparente et de respecter une attitude et une expression caractéristiques de l’animal au plus près du naturel.

aigle13miniL’aigle du lycée montre ses ailes très déployées. Il est prêt à prendre son vol pour regagner le ciel.
La conservation est tout un art, d’autant que l’aigle était réputé conserver toute sa jeunesse !
Dans l’antiquité on croyait que l’aigle renouvelait son plumage en volant directement vers le soleil et ensuite en plongeant dans l’eau. On le disait capable de s’élever jusqu’à ce qu’il soit perdu de vue.

L’objet de collection a subi quelques outrages du temps. Ses plumes défraîchies, ont pris une teinte plus claire, mais ont conservé leur allure et majesté.
Il a aussi échappé en 1968 à l’embarquement dans une ‘’arche de Noé’’, conduite par le proviseur Gabriel Boucé et échouée au sommet de la butte du boulevard de Vitré à Rennes sur le site de La Grenouillais.

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L’étiquette de cet outil pédagogique indique ‘’Aigle royal Falconiformes’’,  un Aquila chrysaetos ou regalis.
Son appellation d’espèce correspond à la couleur dorée de ses plumes de la nuque à l’occiput. A ne pas confondre avec l’aigle impérial Aquila heliaca ou imperialis. L’ordre des falconiformes a évolué depuis les années 50. Les aigles avaient été placés en classification classique dans cet ordre avec les faucons.

Est-il vraiment un aigle royal ?
L’Orne où il a été abattu n’était pas sa zone géographique habituelle. Il se pourrait qu’il soit un spécimen isolé.
Si a priori nous ne remettons pas en cause l’identification faite à l’époque, nous lançons une enquête à la lumière
des réflexions scientifiques d’aujourd’hui.
Quelques indices :
longueur : 68 cm,
envergure : environ 165 cm,
couleur du plumage un peu défraîchi par le temps : se reporter aux photos récemment prises,
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Le dessous de la queue, très clair côté croupion, se termine par une large bande noire. Voir photo ci-dessous à droite.
aigle8mini             aigle13bismini                                    
L’enquête se poursuit et nous faisons appel à tous les internautes pour une nouvelle détermination de ce spécimen naturalisé. Vous pouvez contacter le webmestre si vous avez des informations à transmettre à l’Amélycor.  Contact webmestre

 

L’aigle héraldique impériale du lycée

Un second aigle est resté au lycée malgré les changements de régime politique depuis plus de 150 ans.
L’aigle est devenu un nom féminin.  
Une aigle héraldique impériale est restée figée dans la pierre calcaire du fronton de l’entrée principale du lycée.

Deux aigles différents, l’un naturalisé, l’autre minéralisé, mais conservés dans le patrimoine du Lycée Zola.

aiglehautclochemini          aiglepigeon65mini
Au-dessus de l'entrée principale, l’aigle de pierre est facilement reconnaissable.
L’aigle du Second Empire sculpté par Jean-Baptiste Barré surmonte l’horloge du bâtiment principal sur lequel est inscrite la date de 1863.
Souvent des pigeons sont aperçus tournoyant autour de l’aigle immobile et impassible.

aiglesculte21bmini Quelle est son attitude ?
Bien différente de l’aigle naturalisé de la collection des Sciences naturelles. Différente aussi de l’aigle héraldique napoléonienne de 1804, mais comparable à celle du timbre utilisé au lycée de Rennes pendant le Second Empire et des timbres postaux dits ‘’aigles des colonies’’ émis entre 1859 et 1865.
aigletimbre11mini                                                                                                   aiglecachetmini      

L'aigle de pierrre situé à l'entrée principale du lycée
est à comparer avec la bloucle d'uniforme d'un pensionnaire
retrouvée récemment sur la commune de Plœmeur près de Lorient.     
Cette boucle date du Second Empire.
(Cl. N. CHEMINEAU)

 

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L’aigle de pierre aux ailes déployées a perdu sa couronne, mais tient un globe de sa patte gauche.
Soumis aux intempéries et aux pollutions, lentement il prend une patine sombre, presque noire par endroits.
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La tête aurait pu être tournée vers le soleil et regarder la lumière en face.
Dans l’antiquité on croyait que l’aigle, à la différence des autres oiseaux, avait la capacité de fixer le soleil.
Au lycée Zola de Rennes, il regarde à senestre. La position du bâtiment a fait pointer la tête vers le nord.

Deux aigles conservés différents, deux rescapés figés au lycée Zola pour la petite ou pour la grande histoire. 

 


Un calorimètre à glace de Laplace et Lavoisier

Création de l'article : novembre 2017.
Une expertise précieuse

L’Amélycor avait pensé être en possession d’une copie réalisée au 19°siècle jusqu’au jour en 2006 où elle a eu l’honneur de recevoir le professeur Paolo Brenni, directeur de l’ Istituto e Museo di Storia della Scienza de Florence (Musée Galilée) qui est incontestablement un des meilleurs experts en matière d’instruments scientifiques anciens.
Son opinion a ravi l’Amélycor : l’instrument que possède la  Cité scolaire Emile-Zola date incontestablement du 18° !
                                                                Cliquez sur l’image pour l’agrandir et connaître la légende  

Lavoisier1calormini             Lavoisier3brennimini              

Lavoisier2calordessusmini 

Description du calorimètre à glace
L’appareil est formé de trois compartiments concentriques dont celui du centre, appelé capacité intérieure, est une enceinte ou un panier grillagé qui contient la substance ou l’animal à étudier. Voir en f sur la figure n°3 ( celle de gauche) de la planche ci-dessous.

Lavoisier4planchemini

Les deux autres compartiments ou enceintes sont remplis de glace pilée :
- celle dans l’enceinte intérieure (en b) est destinée à être fondue et l’eau recueillie est mesurée,
- celle dans l’enceinte le plus externe (en a) sert d’isolant thermique pour maintenir à 0°C la glace et l’eau résultant de sa fusion, du compartiment (en b).

Il est remarquable de noter que les expériences se font à température constante.
En complément, se reporter au chapitre  ''Chaleur'' des ''Collections de Sc. Physiques''.   Voir les collections de Sc. physiques>>>

L’origine  du calorimètre à glace de la Cité scolaire Emile-Zola
L’Amélycor ne dispose  d’aucune donnée précise sur cet instrument. Il est possible que ce calorimètre ait été confectionné par Naudin, le ferblantier employé par Lavoisier depuis 1774.  Les  appareils utilisés pour les expériences historiques ont fait l’objet de factures ; celle du 31 mai 1783 : « nettoyé et repeint une des machines à glace, avec tous ses accessoires ».

Ce calorimètre ne comporte que les deux enceintes, mais les trois points d’attache qui subsistent pourraient laisser penser qu’il a été complété au centre, à l’image des autres, par un panier dans lequel on pouvait introduire un petit animal ou divers corps dont on mesurait la ‘’chaleur spécifique’’.
Initialement l’appareil était peint en noir, les deux extrémités de la partie cylindrique étaient ornées d’un filet doré. La peinture noire a presque totalement disparu.

 
Lavoisier5calor2mini

Adaptation du calorimètre pour la mesure sur un animal vivant
MM. Lavoisier et Laplace ont aménagé l’appareil par une arrivée et une sortie d’air en essayant de diminuer au mieux  leur influence sur les résultats. Dans l’Encyclopédie Méthodique (1792), Antoine-François Fourcroy (1756-1809) écrit à la page 698 du tome 2 :

Lavoisier6fourcroyminiPour lire le texte, cliquer    Ici >>>    

 Mesure de la production de chaleur d’un  animal à l’aide du calorimètre de Lavoisier et Laplace
Pendant l’hiver 1782-1783, période permettant d’obtenir de la glace et d’effectuer les expériences en ambiance froide, Antoine-Laurent Lavoisier (1743-1794, guillotiné) et Pierre-Simon de Laplace (1749-1827) effectuèrent des mesures calorimétriques et poursuivirent ces études avec des cochons d’Inde et des moineaux pendant l’hiver suivant car l’hiver précédent fut doux. 

Un cochon d’Inde fut placé pendant 10 heures dans un calorimètre à glace. La chaleur dégagée fit fondre un peu plus de 13 onces (402g) de glace. Lavoisier avait antérieurement mesuré la quantité d’anhydride carbonique (CO2) fournie par la respiration de l’animal placé sous une cloche. Dans d’autres expériences Lavoisier put mesurer la quantité de chaleur et le volume de CO2 dégagés par la combustion du carbone.
Tableau comparatif de la quantité de glace fondue récoltée :
Lavoisier7mesuresmini La ‘’calorique’’, chaleur libérée par les fonctions vitales du cochon d’Inde par heure est équivalente à celle de la combustion de 0,41 g de charbon. Au préalable, il avait été déterminé la quantité de chaleur nécessaire pour faire fondre une masse donnée de glace.

Pour la première fois, l’activité physiologique d’un animal (respiration) est assimilée à une réaction chimique (combustion) et mesurée par l’emploi des mêmes critères et avec le même type d’appareil. Par des méthodes expérimentales variées, ils trouvèrent des résultats remarquablement proches.
Lavoisier et de Laplace remarquèrent que pour une même quantité d’anhydride carbonique dégagée, la respiration et la combustion produisaient autant de chaleur; ce qui signifie que la respiration est une production de chaleur continue semblable à une combustion lente.

L’expérience de Lavoisier évoquée en classe de Première série D
1966-1967 fut l’année de la mise en place de la série D (mathématiques et sciences de la nature).
Au chapitre sur les besoins nutritionnels des animaux et de l’homme, le principe du calorimètre à glace pour mesurer les dépenses énergétiques est illustré par un schéma présentant les trois compartiments  mais sans l’entrée ni la sortie d’air.
L’expérience  de Lavoisier est qualifiée d’assez rigoureuse.
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Source : Collection ‘’Classiques Hachette’’ sous la direction de F. Campan et J. Paniel, page 345.
Manuel retenu en 1966-67 par les professeurs de sciences naturelles du Lycée Chateaubriand.
Une petite erreur s’est glissée dans le schéma. Devinez laquelle ?  Connaître la réponse >>>


Conclusion de Lavoisier
Pour Lavoisier, «  la respiration est donc une  combustion à la vérité fort lente, mais d’ailleurs parfaitement semblable à celle du charbon »  
Il  fit faire un pas de géant à la physiologie. Il situa cette combustion – à tort – dans l’intérieur des poumons.
«Les êtres vivants apparaissent aujourd’hui comme le siège d’un triple flux de matière, d’énergie et d’information »  (François Jacob, La logique du vivant, Gallimard, 1970).

Pour en savoir plus, se reporter au dossier consacré à cet appareil dans notre bulletin L’écho des colonnes n°41, pages 6-8. Voir l'EDC n°41 >>>

   


La fresque dans une salle de TP

  

Page expérimentale mise à jour en décembre 2019. La scène se situe à Sainte-Marine en face de Bénodet (Finistère).

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         La fresque dans la salle de  travaux  pratiques

 

 

 

 

 

  

 

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        Bénodet vue prise de Combrit Sainte-Marine en 2017

 

 

   

         

 

FIN

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