Histoire du fonds des livres anciens
Le fonds des livres anciens est pour l’essentiel un héritage de la bibliothèque de l’école centrale d’Ille et Vilaine dont le lycée a bénéficié en s’installant dans les locaux de l’école centrale en octobre 1803. Les ouvrages sont répertoriés dans le catalogue collectif régional des fonds patrimoniaux de Rennes Métropole consultable sur le site internet de la bibliothèque des Champs libres
(https://www.leschampslibres.fr/les-champs-libres/bibliotheque/patrimoine)
Le fonds de livres anciens de la cité scolaire Emile Zola contient actuellement 6000 ouvrages dont 2000 sont antérieurs à 1850 . La plupart des ouvrages anciens sont, un héritage de l’école centrale d’Ille et Vilaine. Le lycée, en s’installant dans les locaux de l’école centrale en octobre 1803, a hérité de sa bibliothèque qui était associée à une grande bibliothèque publique, conformément au décret de création des écoles centrales de 1795 (décret du 7 ventose an III art.5). Le fonds de cette bibliothèque a bénéficié du fonds de l’ancien collège municipal ouvert en 1536, qui sera progressivement enrichi au cours des siècles notamment à l’époque des Jésuites qui, de 1610 à 1762, avaient constitué l’une des plus importantes bibliothèques de la ville de Rennes (2). Malgré les pertes lors de l’incendie de la chapelle en 1712, 5000 volumes y sont encore recensés en mai 1762. Il est probable que de nombreux volumes aient été soustraits de la collection au moment du départ des Jésuites trois mois plus tard. C’est sans doute ce qui explique le nombre, moins important qu’attendu dans le fonds actuel, d’ex libris des Jésuites et d’ouvrages édités à Trévoux, leur maison d’édition.
La majeure partie des ouvrages d’avant 1789, ne provient donc pas du fonds propre du collège mais des deux premières vagues de « saisies révolutionnaires » opérées dans les établissements ecclésiastiques mis en vente (à partir de novembre 1789) et au domicile des familles émigrées (février 1792). Les inventaires de Félix-Alexis Mainguy, (lien vers la fiche Mainguy) commissaire bibliographe de la ville et de Pierre-Michel Le Sage (lien vers la fiche Lesage) permettent d’évaluer à 60 000 le nombre de livres saisis. Ce « dépôt-littéraire » a été rassemblé au couvent des Carmélites et à l’Evêché en 1795. Le stock de livres (près de 18 000 volumes), qui a bien diminué, sera transféré à l’Ecole centrale en 1796 et réceptionné par Mainguy qui vient d’être nommé bibliothécaire public de l’Ecole. (1)
Faute de place, le lycée, ouvert en 1803, ne gardera qu’une partie du fonds : les livres du fonds propre et une partie des livres issus des saisies dont une grande diversité de dictionnaires, deux séries de l’Encyclopédie et des ouvrages de « mathématiques », de littérature. De nombreux ouvrages de théologie seront attribués au petit séminaire et une partie du fonds sera mise en vente pour aménager dans l’Hôtel de Ville une nouvelle bibliothèque. Le fonds conservé au lycée en 1803 (un millier d’ouvrages dont 41 du XVIè siècle), constitue l’essentiel des ouvrages anciens.
Il s’est ensuite enrichi des acquisitions faites par les établissements qui se sont succédés sur le site depuis le lycée impérial jusqu’au lycée « Chateaubriand » en 1968, A partir de 1850 de nombreuses revues font leur apparition : une évolution que l’on peut observer dans nombre d’autres « grands lycées ». En 1968, une partie des livres de la Bibliothèque classique fut transférée avec le nom de « Chateaubriand », dans le nouvel établissement du boulevard de Vitré. Plus récemment, quelques acquisitions et des dons faits à l’Amélycor sont venus enrichir ce patrimoine (4)
De 2003 à 2015, les bénévoles de l’Amélycor, sous la houlette de Jos Pennec puis d’Ann Cloarec et Jean-Paul Paillard, ont établi un inventaire numérisé des ouvrages (3).
Les richesses du fonds
Grâce à Félix-Alexis Mainguy la bibliothèque est richement dotée en dictionnaires du XVI, XVII et XVIIIè siècle : dictionnaires de langues anciennes, de langue française (le RICHELET, le FURETIERE …), d’histoire (le MORERI) mais aussi l’ENCYCLOPEDIE…Elle contient aussi des ouvrages religieux mais les centaines de volumes issues des saisies et donnés à l’établissement de 1803 à 1817 sont tous de nature profane. Parmi les livres scientifiques le fonds dispose de la collection (quasi-complète) des publications de l’Académies des sciences (Histoires, Mémoires, Registres) de 1699 à 1772 et de celle du Journal des Sçavans de 1665 à 1772. Au XIXè siècle, les dons d’anciens élèves et les envois des ministères permirent d’enrichir les collections et de combler certaines lacunes. A partir de 1850 de nombreux périodiques font leur apparition : une évolution que l’on peut observer dans nombre d’autres « grands lycées ».
Plus récemment, quelques acquisitions et des dons faits à l’Amélycor sont venus enrichir ce patrimoine. Dominique et Pierre Aumont, anciens professeurs de la cité scolaire, ont ainsi légué le Dictionnaire Raisonné de Physique de BRISSON (1781) et la collection complète en 16 volumes du Dictionnaire Universel d’Histoire naturelle (1840-1861) dirigée par Charles d’ORBIGNY
- Jos Pennec. Heurs et malheurs d’une bibliothèque, Atala, 7, 2004. (nous avons le pdf)
- Agnès Thépot. Investigations sur la bibliothèque de 1803. (Echo 53 Pages 5-6)
- Jeanne Labbé. Un patrimoine qui renaît : les livres anciens. (Echo 15 Pages 6-8)
- Agnès Thépot. Dons : de nouvelles merveilles. (Echo 47 Page 2)
