
L’ancienne académie
Le 22 décembre 1666, une quinzaine de savants réunis par Colbert tiennent leur première séance commune dans la Bibliothèque du roi, à Paris. Louis XIV leur a confié la tâche « d’avancer et favoriser la science pour l’utilité publique et la gloire de son règne ».
On signalait dans les séances, des livres publiés en France, ou à l’étranger; ils étaient jugés et critiqués., Les communications des savants de l’Académie se multiplièrent graduellement. Toujours inspiré par Colbert, Louis XIV s’efforça d’attirer à Paris les hommes qui s’étaient fait à l’étranger un nom par leurs découvertes.
Une académie ouverte aux étrangers qui rechignent
Huyghens, physicien hollandais, fit partie de l’Académie dès le début. L’astronome danois Rœmer, venu à Paris en 1672, placé près du grand Dauphin pour lui enseigner les mathématiques, devient membre associé.
L’Académie ouvrit en 1673 ses portes à l’italien Cassini , mandé à Paris en 1669 par Colbert pour prendre la direction de l’Observatoire.
Hartsœker, physicien hollandais, fixé à Paris et reçu associé étranger, comme le furent les deux Bernoulli, Jean et Jacques, déclina les avances de Louis XIV. Hartsœker, protestant, redoutait l’intolérance qui régnait alors en France à l’égard de ses coreligionnaires, tout comme Leibniz. Hartsœker préféra à Düsseldorf, une position modeste dans laquelle il pouvait garder son indépendance. Louis XIV ne réussit pas davantage à faire venir à Paris le célèbre mathématicien italien Viviani. Elle eût bien voulu s’attacher l’anatomiste Stenon, que Bossuet s’était vainement efforcé de convertir. Le physicien bolonais Dominique Guglielmini se borna à accepter dans sa ville natale les bienfaits de Louis XIV et le titre d’associé étranger de l’Académie en 1699.
Ces refus, souvent essuyés par le roi de la part de savants étrangers, tenaient à ce que les académiciens n’avaient en France cette indépendance qui fait la force et la dignité des savants. Ceux-ci étaient aux ordres journaliers de Sa Majesté, à ceux des gens de cour.
En 1681, Louis XIV, voulant donner à l’Académie une marque publique de sa bienveillance, se rendit en personne au local de ses assemblées. Cette visite eut le caractère le plus solennel; le roi accompagné du Dauphin et d’une partie de la cour parcourut dans le Louvre le département de l’Académie : salle des séances, bibliothèque, laboratoire. On amusa par quelques expériences Sa Majesté, qui se retira satisfaite. «Je n’ai pas besoin de vous exhorter à travailler, dit le roi aux académiciens, en prenant congé d’eux ; vous vous y appliquez assez de vous-mêmes. » Ces paroles furent pour la Compagnie un puissant encouragement qui porta ses fruits.
On trouve dans les Mémoires de l’académie, les documents relatifs aux séances académiques, aux prix et concours, aux plis cachetés, les dossiers biographiques des académiciens.